Equilibre et limite de l’entraide

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« La main qui donne est suprême. Commencez à donner aux personnes dont vous êtes responsable. Aide ta mère, ton père, ta sœur et ton frère ; puis procède selon la proximité. (An-Nasa’i, Zakat, 51)

Le Prophète (sws) nous montre comment faire pour aider quelqu’un financièrement après avoir subvenu à ses besoins et à ceux de ses proches. Toute personne voulant faire preuve de charité, doit d’abord subvenir à ses propres besoins, puis aux besoins essentiels des personnes à sa charge puis continuer avec son entourage proche. Le Prophète (sws) nous a dit : « La meilleure charité est celle qui donne des richesses restantes après avoir satisfait ses propres besoins, sans se mettre dans une situation difficile. » (An-Nasa’i, Zakat, 53). Le Prophète (sws) indique que l’aumône se fait de sorte à ne pas laisser sa propre personne, ni sa famille dans le besoin.

Le Prophète (sws) signale à Sa’d b. İbn Wakkas : « Laisser ses héritiers riches vaut mieux que de les laisser dans le besoin. » Et reprend : « Même une bouchée que vous mettez dans la bouche de votre femme pendant que vous mangez, vaut une récompense. »

Le Messager d’Allah a rappelé à ceux de ses Compagnons qui voulaient passer leurs nuits entières en prière et qui avaient l’intention de jeûner tous les jours, les droits de leurs familles (Bukhari, Nikah, 1). Par conséquent, la personne devrait également prioriser les besoins moraux de sa famille et de ses proches. Le fait qu’un croyant fasse preuve de gentillesse face aux personnes qui n’appartiennent pas à sa famille, n’est considéré comme ayant rempli correctement l’ordre du Prophète. Car les hadiths assurent non seulement le bien-être mais aussi le bien-moral de la société, cela relève de la responsabilité du musulman.

Le Prophète (sws) a élargi le concept de charité et de l’aide financière pour inclure le bon comportement des membres de la famille, les uns envers les autres, les salutations, le sourire et le retrait d’une pierre qui nuirait aux gens sur la route. La gentillesse, le bon traitement et la coopération inclus dans la notion de sadaqa (charité) servent à réunir et maintenir la famille et la société ensemble. Une société forte se construit à travers un lien d’entraide et de gentillesse entre leurs familles, puis entre ses proches et les voisins. À ce sujet, “Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) pères et mères, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant.” (An-Nisa 4/36). Dans ce verset, il est conseillé de commencer par les personnes les plus proches dans la charité. Ce conseil inclut aussi le fait de ne pas rompre les liens avec eux, de répondre à leurs besoins et de les traiter avec bienveillance. Allah Tout-Puissant loue les musulmans pour être une ummah modérée et a ordonné de ne pas gaspiller tout en aidant les parents, les pauvres et les voyageurs (Al-Baqarah, 2/143, Al-Isra, 17/26). Dans ce contexte, le Prophète (sws) nous avertit de commencer à donner aux proches (qui n’est pas une limitation), mais un début, le premier pas vers le bien. Le Prophète a rapporté que le principal gain n’est pas les biens que les musulmans ont accumulé, mais les dépenses et les bons comportements qu’ils ont eu envers leurs familles, leurs parents et les autres musulmans.

 

Dr. Fatma Kızıl

Faculté de Théologie de l’Université de Yalova

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