L’Espoir – Article

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L’ESPOIR OU LA CAPACITÉ DE REMARQUER TOUTES LES COULEURS

 

Qu’est-ce que l’espoir ?

L’espoir est le sentiment, la pensée et la croyance d’une personne vis-à-vis de la possibilité d’avoir des résultats positifs liés aux événements et situations endurées. Le fait d’espérer est synonyme de souhaiter, patienter et se sentir serein à l’idée que tout instant futur serait plus beau et meilleur.

La psychologie positive considère l’espoir comme une capacité humaine innée. Ainsi, il est aussi un signe de caractère.

L’espoir est une ressource, se trouvant naturellement dans le flux de la vie, qui permet de faire face à des situations difficiles et stressantes telles que la solitude, la détresse, la séparation, la mort, la maladie, la souffrance et l’incertitude. Les relations familiales et sociales des personnes possédant un seuil d’espoir élevé semblent être plus positives. Les études menées ont démontré que le niveau d’espoir avait un effet significatif sur la gestion de la douleur ; en effet, un niveau d’espoir élevé permet l’augmentation de la résilience et de la flexibilité. Il est aussi crucial pour la prévention des problèmes de santé.

LES SOURCES DE L’ESPOIR

Les croyances religieuses : la source d’espérance la plus profonde et la plus riche est sans aucun doute la foi. La confession musulmane interdit strictement le désespoir et commande d’espérer sans relâche. Il est déclaré dans le Saint Coran que ceux qui désespèrent de la miséricorde d’Allah ne peuvent être que des mécréants (Yusuf, 12/87). Un autre verset nous invite à espérer malgré les limites outrepassées, les erreurs et les péchés commis : « Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » (Az-Zumar, 39/53).

L’espoir du pardon s’accompagne de l’envie et de l’effort de corriger l’erreur, tandis que le désespoir bloque le chemin de cette guérison. Encore une fois, le Coran nous rappelle que se réjouir lors des périodes aisées et désespérer pendant les périodes difficiles n’est autre qu’une sorte d’ingratitude, et nous recommande d’espérer à nouveau. (Al-Isra, 17/83 ; Ar-Rum, 30/36).

S’appuyer sur un pouvoir infini et croire en un créateur qui répond aux prières attribuent au croyant le pouvoir d’affronter plus facilement les difficultés et les incertitudes de la vie. Car Allah, Le Tout-Puissant et Le Miséricordieux, ne laisse jamais Son serviteur seul face aux difficultés matérielles et spirituelles.

Avoir des objectifs ayant du sens : l’être humain a besoin d’un but même pour se réveiller le matin. Il n’est pas question de rater le réveil ou de ne pas se réveiller pour une personne qui a un travail à réaliser et un objectif à atteindre. Afin de nourrir l’espoir, les objectifs doivent avoir un sens et être réalistes. Tout objectif défini sans prendre en compte sa personne et son potentiel, ne peut qu’aboutir à un échec et se traduire par une frustration. De même, relier cet espoir à un sauveur plutôt qu’à nos propres efforts est irréaliste et entraînera la déception.

Un soutien social : il existe un lien étroit entre l’espoir et les relations avec les proches. Il est plus probable qu’une personne ayant des relations familiales saines, des liens solides avec ses amis, ses voisins et un soutien social, ne perde pas espoir dans les moments difficiles de la vie.

Confiance en soi, respect de soi : La confiance en soi et le respect de soi gratifient l’espoir. Pour qu’une personne puisse s’aimer et se respecter, il est indispensable qu’elle prenne soin de sa personne.

La compétence en résolution de problèmes, axée vers les solutions : face au cours de la vie, suivre le rythme est attendu de chacun. Tout comme ce flux ne peut être interrompu, nous ne pouvons pas nous arrêter face à des problèmes rencontrés au cours de la vie et du temps. Faute de quoi, le rythme serait cassé.

PEUT-ON APPRENDRE ET AUGMENTER L’ESPOIR ?

Oui. Afin de nourrir son espoir, la foi peut être un refuge. De même, renforcer les liens avec la famille et les proches, demander/recevoir de l’aide ou venir en aide aux autres, fixer des objectifs et travailler pour ces objectifs, rechercher de nouvelles façons de résoudre les problèmes et d’atteindre les objectifs, essayer d’aimer le chemin qui mène au but, c’est-à-dire le processus lui-même, peuvent être concluant.

LE RAPPORT ENTRE LA GESTION DES MOMENTS DIFFICILES ET L’ESPOIR

L’espoir n’est pas la dernière branche à laquelle s’accrocher mais le premier pas pour se relever. Ce n’est pas une vision en rose, mais le pouvoir de discerner le gris ainsi que les autres couleurs dans le noir. L’espoir permet de comprendre que la vie n’est pas tout en rose ni tout en noir.

La vie est une mosaïque composée de petits morceaux entrelacés de couleurs sombres et claires ; chaque couleur porte une signification, une exigence et une tâche. L’espoir n’est en aucun cas un état passif de tawakkul. Le tawakkul ne rime pas avec l’inaction mais signifie le consentement à ce qui se passe actuellement ainsi que la lutte et les efforts fournis pour l’avenir.

L’une des conditions de l’espoir est l’acquisition d’un haut niveau de conscience et le discernement de ce qui se passe en se posant cette question : « Dans ces conditions, qu’est-ce qui entre dans ma zone d’acceptation et d’influence ? ».

Selon les recherches menées, l’espoir agit comme un puissant tampon contre les effets négatifs du stress et des traumatismes accompagnant la mort, la maladie, les catastrophes et toutes sortes de pertes. Ainsi, le premier pas à effectuer afin de se relever face aux difficultés de la vie ou venir en aide à un être cher pris désespérément dans les filets des péripéties de la vie devrait être de nourrir et d’accroître l’espoir.

Betül YILMAZ EMİNSOY